| Un
point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).
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Dans la chronique N° 0 (octobre
2005), j’indique que le seul fait d’avoir un projet offre une ambiance
intérieure qui permet, non seulement l’enthousiasme, Le dynamisme, mais
l’apparition de nouvelles idées. Ce sont des idées pour le projet en
cours et, mieux, celles de projets nouveaux.
Un premier projet m’avait placé sur les rails de la création
de mon site. Ce dernier étant réalisé, désormais
en ligne, voici que je suis stimulé par la rédaction d’un
troisième livre (pour lequel je consigne des observations et
réflexions depuis six ans).
Ici, je veux une nouvelle fois relever l’intérêt
de suivre ses idées, ses élans, ses intuitions, parce
que les écouter, leur « obéir » favorise comme
rien d’autre la créativité, l’aptitude à
poser des actes, la survenance d’effets heureux dans son existence.
L’exemple « écrire un livre » n’est pas
plus important que n’importe quelle autre idée qui nous
vient, laquelle mérite la même attention.
Les idées (projets, envies, réponses…) ne nous viennent
pas, ne nous viennent plus, si nous ne faisons rien de la première
qui surgit. Il importe de devenir conscient des « bonnes raisons
» que l’on se donne pour ne pas suivre ses élans
; il s’agit de peurs et croyances qu’il sera pour soi-même
bon et utile de « libérer » -- ce point tiendra dans
le livre une place de choix.
Alors, ce nouveau livre ? Dans ma découverte et ma compréhension
du « fonctionnement humain », j’ai fini par observer,
en lien aux problèmes déplorés, que des grandes
histoires similaires se retrouvaient chez d’innombrables personnes.
Rencontrant au fil du temps des gens nouveaux, les écoutant quelques
minutes seulement, j’entendais clairement laquelle de ces histoires
était la leur. Leur réponse à une ou deux questions
confirmait immanquablement l’impression.
Et quelles sont ces histoires ? IL s’agit des épreuves
« traumatiques » qui ont conditionné et qui, généralement,
conditionnent encore toute notre existence (jusqu’à dépassement).
IL y a 5 grandes épreuves traumatiques auxquelles je donne comme
dénominations génériques :
- l'abandon
- la dévalorisation
- la maltraitance
- le rejet
- la trahison
Ainsi nommée, chaque
épreuve renvoie éventuellement à des expériences
que l’observation (clinique) permet de spécifier de façon
plus précise.
Enfant, par exemple, si vous avez été abandonné,
si vous vous êtes senti abandonné, vous pouvez avoir peur
aujourd’hui encore d’être abandonné. Et la
peur d’être abandonné (terme général),
c’est aussi la peur d’être oublié, délaissé,
négligé…, comme la peur encore de ne pas être
aidé, soutenu, épaulé…
Et, chose fascinante et dont il ne semble pas qu’on s’y
soit beaucoup intéressé, si telle fut votre épreuve
(principale), vous ne réagissez pas face aux contrariétés
comme la personne concernée elle par la maltraitance. La personne
« trahie » (autre exemple) n’a pas les mêmes
croyances que la personne « dévalorisée ».
Nos intérêts, nos tendances, jusqu’à nos problèmes
de tous ordres sont les effets de nos épreuves encore persistantes.
Bien entendu, nous pouvons être concerné par plusieurs
épreuves, mais nous sommes généralement marqué
davantage par l’une d’entre elles.
L’examen de ces épreuves ne révèle pas seulement
des douleurs ou limitations, mais encore d’heureuses dispositions
dont la conscience pourrait constituer une aide précieuse pour
le dépassement de ce qui demeure éprouvé.
Les individus touchés par le « rejet » font d’excellents
animateurs, sont généralement plein d’humour (ne
pas entendre que tel animateur est nécessairement un «
rejeté »), alors que les « dévalorisés
» sont des artistes (qui ne s’autorisent pas toujours l’expression
de leur art).
Fin 1999, j’avais identifié une trentaine de caractéristiques
inhérentes aux 5 grandes épreuves (peurs, besoins, blocages,
émotions, comportements réactifs, croyances auto-accusatrices,
aptitudes développées…) et repéré
ce qu’elles sont pour chaque épreuve de façon spécifique.
Ce travail s’est largement enrichi depuis lors et, dès
le début, j’ai su qu’il ferait un jour l’objet
d’un livre, celui-là même auquel je consacre une
bonne partie de mon temps depuis une semaine.
L’entreprise est un peu délicate car la reconnaissance
(la conscientisation) de son (ses) épreuve(s) se fait de façon
moins aisée si elle nous est dite ou si elle est lue dans un
livre.
Dès le premier entretien, par un simple jeu de questions, j’amène
toute personne qui me consulte à nommer elle-même clairement
l’épreuve qui marque son existence, à la ressentir
pleinement, à faire du même coup une lecture nouvelle de
ce qu’elle endure et à entrevoir la « porte de sortie
». Le succès repose sur sa seule détermination à
voir.
Pour ce faire, j’utilise le problème ou la préoccupation
qui amène la personne à me consulter. Mieux qu’avec
trop de théorie, par le décodage de son problème,
la personne perçoit bientôt qu’il est seulement un
effet d’une vieille histoire, de sa propre épreuve traumatique
qu’elle a à « guérir ».
Je suis à chaque fois ému face à l’émerveillement
exprimée par la personne quand, après quelques minutes
seulement, elle perçoit comme jamais le sens des vécus
douloureux qui ont été les siens.
Revenons en à la réalisation ou à la possible difficulté
ressentie face au « faire ». Si certains d’entre nous
déplorent de demeurer sans envie (parfois), d’autres regrettent
de manquer de temps pour accomplir tous leurs projets. Dans ce dernier
cas, un positionnement erroné peut être en cause.
Vous débordez d’idées, réjouissez-vous en.
Donnez-vous pleinement à ce que vous accomplissez, une chose
à la fois, avec plaisir, et ne vous souciez pas de l’avenir.
Votre souhait d’avoir le temps de tout faire pourrait signifier
l’arrêt des idées neuves. Et vous ne voulez certainement
pas cela !
Si quelque baguette magique vous permettait d’atteindre en un
jour tous vos buts, vous n’auriez pas pour autant liquidé
votre impression du manque de temps car, dès le lendemain, une
kyrielle de nouveaux projets vous aurait envahi. Telle est votre nature,
créative, inspirée, assoiffée de nouveauté,
bravo !
Le manque de temps peut également être éprouvé,
ici de façon plus déplaisante, par qui se croit tenu de
faire mille choses et surtout beaucoup sans la moindre envie.
Des « il faut » dictent ses actions et il gagnerait à
vérifier, à chaque fois, qui dit qu’il le faut,
quel serait pour lui l’inconvénient (le risque) à
ne pas répondre à ces injonctions démoralisatrices.
Eh oui, quoi que ce soit qui nous contrarie, de façon plus ou
moins sévère, c’est une invitation au « regard
qui transforme », un appel à la vision, à la compréhension.
Cela parle de l’accueil de ce qui est, non pas de la vaine tentative
de satisfaire des attentes frustrées depuis longtemps. Loin d’être
à négliger, ces dernières sont en elles-mêmes
source de révélations.
L’attente d’une chose (du bonheur) cache seulement et toujours
la peur d’être privé de celle-ci. Peu importe que
cette attente soit jugée légitime ou égoïste,
c’est la peur qu’elle recèle qui gagne. Aussi longtemps
que nous en demeurons inconscient, ce que nous craignons dure ou advient.
Alors, en effet, ne négligeons pas nos attentes, ne les revendiquons
pas davantage ; voyons-les, reconnaissons-les comme telles, voyons et
reconnaissons nos peurs.
Pourquoi donc espérerions-nous ceci ou cela si, au fond, nous
n’avions pas peur d’en être privé ? Sans peur,
il n’y a ni attente, ni espoir, il n’y a que confiance ou
accueil de ce qui est.
Et cet accueil de ce qui est est le regard qui transforme…
A partir de ces quelques réflexions, délivrées
selon l’inspiration du moment, sentez-vous libre de questionner,
d’exprimer vos éventuelles incompréhensions, de
communiquer avec moi : infos@geoffroyrobert.com.
Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec
le plus vif intérêt.
Dans le partage,
Robert Geoffroy
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