LA CHRONIQUE DU MOIS – N° 2
Décembre 2005

Un point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).

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Après lecture de la dernière chronique, Sylvie m’écrit :

« Je n’ai pas l’impression d’avoir spécialement des attentes. Je vis pourtant beaucoup de frustration. Je m’assure de faire de mon mieux, d’offrir le meilleur quand je le peux. Et je vis toujours beaucoup de déception, je n’en sors pas ! »

Si peu de mots est insuffisant pour percevoir l’histoire de Sylvie, mais il nous permet au moins d’apporter quelques informations utiles à certains d’entre nous.
Il nous arrive probablement, pour le seul plaisir, de donner de façon spontanée, de répondre à des demandes, donc de donner sans attente. Mais « donner avec attente » (attitude au demeurant bien compréhensible) n’est pas l’unique façon d’entretenir la privation.

Rappelons, en effet, que donner avec attente revient à donner en « sachant » qu’on ne recevra rien en retour. Nous n’attendons que ce que nous craignons de ne pas vivre, de ne pas recevoir, et, comme je l’ai écrit, cette crainte gagne…
Mais quand certains donnent avec attente (avec la peur de ne pas recevoir), d’autres donnent par culpabilité. Sans nécessairement parler d’attentes, ils s’étonnent ensuite que tant de « générosité » demeure sans effet.

« Donner par culpabilité signifie en quelque sorte « payer une dette », révèle le sentiment d’être redevable. En quoi cela pourrait-il vraiment engager celui qui reçoit à donner en retour, ne serait-ce qu’à travers l’expression joyeuse d’un contentement ? Avez-vous déjà reçu de l’aide ou autre chose de quelqu’un qui se sentait coupable ? Vous en êtes-vous vraiment réjoui ?

Si vous donnez avec attente, reconnaissez votre peur ! Si vous donnez par culpabilité, voyez ce que vous vous reprochez ! Soyez intéressé à vous libérer de l’une et/ou de l’autre…

Enfin, voyez comment vous ne vous accordez pas, comment même vous refusez, ce que vous attendez des autres, ce qui vous semble manquer dans vos relations.
Peut-être avez-vous l’impression qu’on ne vous fait pas plaisir, quand et comment vous faites-vous vraiment plaisir ?

Voici la période des fêtes de fin d’année ! Elle se veut joyeuse, attendue, mais qu’en est-il pour beaucoup d’entre nous ? Personnellement, je ne prévois jamais rien pour les fêtes, sauf si des circonstances me mettent là en situation de recevoir amis ou famille. Au dernier moment, je peux répondre favorablement à une invitation, tout comme je le fais au long de l’année, mais je n’éprouve pas le besoin de « faire la fête », parce que le calendrier indique que c’est « la fête » !

Et je suis toujours un peu étonné de ce que des proches soient surpris de ce positionnement-là. Je ne le revendique pas, je trouve heureux que des occasions permettent aux familles, aux amis, à ceux qui s’aiment de se rassembler pour partager joies et plaisirs.
J’entends que beaucoup vivent mal le fait de se retrouver seul à Noël, par exemple, mais se sont-ils déjà demandé pourquoi la solitude est pour eux plus pesante à ce moment de l’année ?

Je dis, j’écris régulièrement qu’une situation « éprouvante » à laquelle on est confronté n’est pas cause du malaise engendré, qu’elle a seulement permis de le réveiller. A titre d’exemple, pensons aux phobies : si vous avez celle des araignées, la panique que vous allez vivre en descendant à la cave, à la vue d’un de ces insectes velu et à l’abdomen proéminent, est-elle vraiment imputable à l’animal innocent ? IL pourrait vous suffire de croire qu’il y a une araignée, là où l’obscurité déguise quelque tache insignifiante. Franchement, la pauvre bestiole n’a pas grand-chose à voir avec l’origine de la peur que vous en avez.

Certains souffriraient-ils de la « phobie du temps de Noël » ? Voici une possible « belle occasion » de se faire un vrai cadeau, un cadeau qui fasse une différence dans son existence. C’est que Noël et le Premier de l’an reviennent tous les ans ! Fêter à sa convenance est excellent, souffrir de ne pas le pouvoir est au minimum inutile !
Le cadeau pourrait être la compréhension de ce qui se rejoue en cette période privilégiée comme en d’autres vraisemblablement.

Certes, il y a le rappel annuel des vécus de l’enfance à Noël et chacun pourrait se rappeler, qui des attentes frustrées, qui des fêtes qui tournaient mal, qui d’autres circonstances douloureuses… Mais quelle attente est-elle revisitée à l’occasion de ces fêtes annuelles ? Que continuons-nous d’attendre des autres, de la vie qu’on ne s’accorde toujours pas ? Quelle est cette peur que nous cultivons inconsidérément ? Et que continuons-nous de nous reprocher de même ?

Je sais bien qu’il n’est pas nécessairement facile d’obtenir des réponses à ces questions. Je sais surtout qu’il est d’abord inhabituel et délicat de se les poser. Mais je sais enfin qu’une réponse est généralement précédée d’une question.
Indépendamment des réponses, ces questions offrent l’avantage de diriger ailleurs son attention et rappelle la possibilité d’une compréhension nouvelle de ce que nous vivons.

Il n’est pas écrit, gravé dans le marbre, que nous avons à endurer l’adversité sous toutes ces formes, il n’y a pas de fatalité. Acceptons-nous de considérer ces simples mots ? Dès lors :
je m’ouvre, je me rends disponible et réceptif, je me dispose à voir, à comprendre ce qui, dans mes croyances et divers positionnements, fait encore obstacle dans mon existence à l’harmonie, à l’abondance, aux relations aimantes. »

A quel degré faites-vous vôtre cette déclaration ? Elle pourrait bien être un préalable à l’heureuse transformation à laquelle vous êtes en droit de vous attendre !
« Vous n’avez pas seulement le droit au bonheur, vous avez le devoir d’être heureux ! »
Et si vous faisiez de cet énoncé votre résolution, dès maintenant, pour la nouvelle année, pour toujours !…

Bien des fois, je me suis vu prendre des décisions ou des résolutions, sans la moindre idée de comment les choses pouvaient se produire. Et des éléments, des réponses, des possibilités se présentaient à moi, comme si la décision avait suffi pour attirer le nécessaire.
Je ne saurais rien vous souhaiter de mieux que cette ouverture car de celle-ci et de vos aspirations par vous reconnues dépend tout le bon que vous allez vivre à l’avenir…

A partir de ces quelques réflexions, délivrées selon l’inspiration du moment, sentez-vous libre de questionner, d’exprimer vos éventuelles incompréhensions, de communiquer avec moi :

infos@geoffroyrobert.com

Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec le plus vif intérêt.

Dans le partage,

Robert Geoffroy

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