| Un
point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).
(Si
vous souhaitez vous abonner à la « chronique du mois », un simple message
vide suffit avec pour objet « abonnement chronique » à : infos@geoffroyrobert.com.
Et pour vous désabonner, à la même adresse, écrivez
dans l’objet « désabonnement chronique ».)
Il est des circonstances
où l’on souhaite à autrui le meilleur, ceci ou cela, comme en cette
période de tout-début d’année, et pourquoi pas ? Considérant une possible
disposition « machinale » à présenter des voeux, je me demande cependant
comment je contribue à ce meilleur que je peux généreusement souhaiter
aux uns et aux autres... Mes pensées, paroles et actions sont-elles
alignées à ces voeux formulés ? Autrement dit, mes positionnements confirment-ils
le souhait que j’exprime, aussi bien en faveur des autres que de moi-même
?
J'ai à l'esprit l'aide que je reçois, tant de ceux qui font mon entourage
qu'à travers des lectures inspirantes ou d’autres circonstances heureuses
– la vie est si bonne ! Quel souhait émis pourrait rivaliser avec tant
de dons ? Qu'en est-il de notre disposition à recevoir ? Cette générosité
manifestée détient en elle le pouvoir des transformations souhaitées
ou souhaitables face auxquelles, je le crains, les voeux les plus sincères
restent d'une efficacité moindre -- et cela pourrait bien être un euphémisme.
Sachons accueillir ces vœux qui, formulés grâce aux occasions représentées
chaque année, disent souvent la présence et une pensée heureuse de la
part de ceux que nous aimons. Ne retenons pas nos propres vœux quand
nous en sommes porteur, mais peut-être pouvons-nous aussi en profiter
pour vérifier si une action ne pourrait pas, bien souvent, renforcer
une aspiration émise.
N’aspirons-nous
pas à un monde meilleur, ne le souhaitons-nous pas ? L’accueil
de ce qui est dans notre propre existence, le choix de reconnaître,
de ressentir plutôt que de juger encore et encore, celui d’agir
plutôt que de réagir… sont autant de positionnements
qui pourraient bien constituer notre contribution à ce monde
meilleur attendu. Que faisons-nous pour nous-même, que faisons-nous
pour nos proches, que faisons-nous pour le monde ?…
Il
y a ce monde chaotique que nous pouvons percevoir ; il pourrait bien
être le reflet de notre propre « monde » si désordonné.
Regardons notre habitation, nos placards ; considérons nos relations
(rancunes cultivées, mensonges perpétués, reconnaissances
non exprimées…) ; pensons à tant de décisions,
d’intentions laissées sans suite (un livre acheté
non lu, des travaux envisagés non commencés ou non terminés,
du courrier en attente…)…
On
n’a pas idée du nombre de nos projets en suspens, on ne
soupçonne surtout pas l’encombrement ainsi occasionné
dans notre conscience. C’est autant d’attention indisponible
à l’accomplissement de nos vœux les plus chers, à
notre « guérison », à notre réalisation.
Beaucoup pourrait être dit à propos de ces cycles non terminés
(nous pourrions y revenir), mais pour cette nouvelle chronique, je
souhaite mettre l’accent sur un point qui retient mon attention
depuis que je me consacre à la rédaction d’un nouveau
livre.
Je
l’ai confié, j’avais le projet de ce livre depuis
6-7 ans ; sans pour autant l’abandonner (ce qui peut être
une excellente manière de terminer un cycle), je l’avais
laissé de côté pour ces raisons diverses et variées
faisant qu’on entreprend « plus rien ».
Rien n’est à regretter, jamais, tout est même utile,
mais il m’apparaît que nous pourrions tous être porteur
d’un grand projet qui nous tient à cœur depuis des
années, depuis des décennies, et que nous nous épanouiront
davantage en le reconnaissant et nous en occupant enfin.
Je
ne parle pas de ces choses désirées à propos desquelles
nous avons pu dire ou disons encore : « Je ferais ceci ou cela
si… ». « …Si j’avais assez d’argent,
si j’étais célibataire (ou si je ne l’étais
pas), si l’on me faisait confiance, si j’étais plus
jeune (ou plus âgé), si…, si…, si…. »
Je parle d’un rêve dont l’accomplissement (ne serait-ce
que pour débuter) ne dépend que de vous et de vos moyens
déjà disponibles. Je parle d’un rêve dont
les seuls obstacles demeurent vos peurs, croyances, hontes et/ou culpabilités.
D’ailleurs, ce rêve réalisable que vous ignorez provoquent
les rêves éventuellement irréalisables que vous
pouvez cultiver, non sans frustration, non sans souffrance…
Alors,
pour vous, quel est ce rêve oublié ? Suivre des cours (danse, yoga,
couture, natation…), apprendre une langue étrangère, à jouer d’un instrument,
vous mettre à l’informatique, changer de métier, faire un voyage, entreprendre
une activité humanitaire, nouer des amitiés, adopter un enfant… ? Reconnaissez
votre rêve, vos rêves, et vérifiez ce que vous ressentez à la seule
idée de vous en occuper. Il se peut qu’une peur, que des croyances s’imposent,
mais allez au-delà. Sans ces réactions émotionnelles, que ressentez-vous
à la pensée de décider maintenant de faire une première action en faveur
de votre rêve ?
Nous occuper de notre rêve négligé, lequel est conforme à notre raison
d’être, nous dynamise, nous enthousiasme, nous offre la joie d’exister.
Et cette expérience ne dépend pas des résultats. A ce jour, j’ignore
ce qu’il adviendra de mon livre, mais l’écrire me comble. Face à l’adversité
qui nous éprouve, il est plus utile, il est transformateur d’accorder
notre attention au ressenti plutôt qu’aux circonstances en cause. De
la même façon, les choses tournent bien quand notre attention est dirigée
sur l’action du moment plutôt que sur les résultats que nous en attendons.
Voici (petite référence à ce livre en cours de
rédaction) quelques positionnements mentaux qui peuvent retarder
le passage à l’action alors qu’on a pu reconnaître
une de ses envies longtemps gardée secrète ou dans l’oubli
: « A quoi bon ? », « C’est impossible »,
« Ca n’est pas sérieux », « Je n’ai
pas le droit », « C’est trop compliqué »,
« Ca n’est pas pour moi »…
Allons-nous longtemps encore demeurer fidèle à ces allégations
mentales d’un autre âge ?
Et, s’agissant de ce que nous ne faisons pas pour nous-même,
en faveur de notre épanouissement, nous pouvons élargir
la question : « A y regarder de près, qu’est-ce que
je ne tente pas, que je n’entreprends pas qui pourrait être
bon, utile pour moi ? Dans quels domaines ? » ON peut déplorer
bien des problèmes et autres contrariétés, mais
est-on conscient des possibilités offertes dont on ne fait jamais
cas ?
En début d’année, il est aussi d’usage de
prendre de « bonnes résolutions », et c’est
débuter ainsi de nouveaux cycles. Et l’on attend parfois
beaucoup de soi-même ! La résolution de se mettre à
jour et de s’accorder enfin le meilleur possible, à condition
de la satisfaire, pourrait faire la place requise au nouveau même
inespéré.
Rappelons ou précisons ici que nous ne sommes rien de ce à
quoi nous pouvons nous identifier inconsciemment (les rôles que
nous jouons, nos conditionnements, nos défauts et qualités),
que rien n’est à ajouter à ce que nous sommes, à
notre véritable nature et, dans ce sens, que nous n’avons
rien à faire, rien à accomplir.
Simplement, nous ne pouvons pas être content, épanoui,
si nous continuons de faire fi des élans qui nous habitent, si
nous résistons aussi au possible toujours disponible.
Enfin, reconnaître, ressentir une contrariété, reconnaître,
ressentir un besoin inassouvi, observer le possible, l’accessible,
c’est favoriser la conscience d’une distance entre ces choses
existentielles dans « ma » conscience » et cela qui
en est conscient, qui les conscientise, ce que « je suis ».
Notre ultime besoin pourrait être de re-connaître celui
que nous sommes au-delà des problèmes et des accomplissements.
La résistance et la gravité sont des obstacles à
l’épanouissement personnel. S’il est approprié
de conclure ici avec un vœu « ordinaire », je formule
celui de mettre beaucoup de légèreté et même
d’humour dans l’attention accordée à nos divers
besoins.
A partir de ces quelques réflexions, délivrées
selon l’inspiration du moment, sentez-vous libre de questionner,
d’exprimer vos éventuelles incompréhensions, de
communiquer avec moi :
infos@geoffroyrobert.com
Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec
le plus vif intérêt.
Dans le partage,
Robert Geoffroy
Pour consulter les archives de la Chronique du Mois, Cliquez
ici !
|