LA CHRONIQUE DU MOIS – N° 3
Janvier 2006

Un point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).

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Il est des circonstances où l’on souhaite à autrui le meilleur, ceci ou cela, comme en cette période de tout-début d’année, et pourquoi pas ? Considérant une possible disposition « machinale » à présenter des voeux, je me demande cependant comment je contribue à ce meilleur que je peux généreusement souhaiter aux uns et aux autres... Mes pensées, paroles et actions sont-elles alignées à ces voeux formulés ? Autrement dit, mes positionnements confirment-ils le souhait que j’exprime, aussi bien en faveur des autres que de moi-même ?

J'ai à l'esprit l'aide que je reçois, tant de ceux qui font mon entourage qu'à travers des lectures inspirantes ou d’autres circonstances heureuses – la vie est si bonne ! Quel souhait émis pourrait rivaliser avec tant de dons ? Qu'en est-il de notre disposition à recevoir ? Cette générosité manifestée détient en elle le pouvoir des transformations souhaitées ou souhaitables face auxquelles, je le crains, les voeux les plus sincères restent d'une efficacité moindre -- et cela pourrait bien être un euphémisme.

Sachons accueillir ces vœux qui, formulés grâce aux occasions représentées chaque année, disent souvent la présence et une pensée heureuse de la part de ceux que nous aimons. Ne retenons pas nos propres vœux quand nous en sommes porteur, mais peut-être pouvons-nous aussi en profiter pour vérifier si une action ne pourrait pas, bien souvent, renforcer une aspiration émise.

N’aspirons-nous pas à un monde meilleur, ne le souhaitons-nous pas ? L’accueil de ce qui est dans notre propre existence, le choix de reconnaître, de ressentir plutôt que de juger encore et encore, celui d’agir plutôt que de réagir… sont autant de positionnements qui pourraient bien constituer notre contribution à ce monde meilleur attendu. Que faisons-nous pour nous-même, que faisons-nous pour nos proches, que faisons-nous pour le monde ?…

Il y a ce monde chaotique que nous pouvons percevoir ; il pourrait bien être le reflet de notre propre « monde » si désordonné. Regardons notre habitation, nos placards ; considérons nos relations (rancunes cultivées, mensonges perpétués, reconnaissances non exprimées…) ; pensons à tant de décisions, d’intentions laissées sans suite (un livre acheté non lu, des travaux envisagés non commencés ou non terminés, du courrier en attente…)…

On n’a pas idée du nombre de nos projets en suspens, on ne soupçonne surtout pas l’encombrement ainsi occasionné dans notre conscience. C’est autant d’attention indisponible à l’accomplissement de nos vœux les plus chers, à notre « guérison », à notre réalisation.
Beaucoup pourrait être dit à propos de ces cycles non terminés (nous pourrions y revenir), mais pour cette nouvelle chronique, je souhaite mettre l’accent sur un point qui retient mon attention depuis que je me consacre à la rédaction d’un nouveau livre.

Je l’ai confié, j’avais le projet de ce livre depuis 6-7 ans ; sans pour autant l’abandonner (ce qui peut être une excellente manière de terminer un cycle), je l’avais laissé de côté pour ces raisons diverses et variées faisant qu’on entreprend « plus rien ».
Rien n’est à regretter, jamais, tout est même utile, mais il m’apparaît que nous pourrions tous être porteur d’un grand projet qui nous tient à cœur depuis des années, depuis des décennies, et que nous nous épanouiront davantage en le reconnaissant et nous en occupant enfin.

Je ne parle pas de ces choses désirées à propos desquelles nous avons pu dire ou disons encore : « Je ferais ceci ou cela si… ». « …Si j’avais assez d’argent, si j’étais célibataire (ou si je ne l’étais pas), si l’on me faisait confiance, si j’étais plus jeune (ou plus âgé), si…, si…, si…. » Je parle d’un rêve dont l’accomplissement (ne serait-ce que pour débuter) ne dépend que de vous et de vos moyens déjà disponibles. Je parle d’un rêve dont les seuls obstacles demeurent vos peurs, croyances, hontes et/ou culpabilités.
D’ailleurs, ce rêve réalisable que vous ignorez provoquent les rêves éventuellement irréalisables que vous pouvez cultiver, non sans frustration, non sans souffrance…

Alors, pour vous, quel est ce rêve oublié ? Suivre des cours (danse, yoga, couture, natation…), apprendre une langue étrangère, à jouer d’un instrument, vous mettre à l’informatique, changer de métier, faire un voyage, entreprendre une activité humanitaire, nouer des amitiés, adopter un enfant… ? Reconnaissez votre rêve, vos rêves, et vérifiez ce que vous ressentez à la seule idée de vous en occuper. Il se peut qu’une peur, que des croyances s’imposent, mais allez au-delà. Sans ces réactions émotionnelles, que ressentez-vous à la pensée de décider maintenant de faire une première action en faveur de votre rêve ?

Nous occuper de notre rêve négligé, lequel est conforme à notre raison d’être, nous dynamise, nous enthousiasme, nous offre la joie d’exister. Et cette expérience ne dépend pas des résultats. A ce jour, j’ignore ce qu’il adviendra de mon livre, mais l’écrire me comble. Face à l’adversité qui nous éprouve, il est plus utile, il est transformateur d’accorder notre attention au ressenti plutôt qu’aux circonstances en cause. De la même façon, les choses tournent bien quand notre attention est dirigée sur l’action du moment plutôt que sur les résultats que nous en attendons.

Voici (petite référence à ce livre en cours de rédaction) quelques positionnements mentaux qui peuvent retarder le passage à l’action alors qu’on a pu reconnaître une de ses envies longtemps gardée secrète ou dans l’oubli : « A quoi bon ? », « C’est impossible », « Ca n’est pas sérieux », « Je n’ai pas le droit », « C’est trop compliqué », « Ca n’est pas pour moi »…

Allons-nous longtemps encore demeurer fidèle à ces allégations mentales d’un autre âge ?

Et, s’agissant de ce que nous ne faisons pas pour nous-même, en faveur de notre épanouissement, nous pouvons élargir la question : « A y regarder de près, qu’est-ce que je ne tente pas, que je n’entreprends pas qui pourrait être bon, utile pour moi ? Dans quels domaines ? » ON peut déplorer bien des problèmes et autres contrariétés, mais est-on conscient des possibilités offertes dont on ne fait jamais cas ?

En début d’année, il est aussi d’usage de prendre de « bonnes résolutions », et c’est débuter ainsi de nouveaux cycles. Et l’on attend parfois beaucoup de soi-même ! La résolution de se mettre à jour et de s’accorder enfin le meilleur possible, à condition de la satisfaire, pourrait faire la place requise au nouveau même inespéré.

Rappelons ou précisons ici que nous ne sommes rien de ce à quoi nous pouvons nous identifier inconsciemment (les rôles que nous jouons, nos conditionnements, nos défauts et qualités), que rien n’est à ajouter à ce que nous sommes, à notre véritable nature et, dans ce sens, que nous n’avons rien à faire, rien à accomplir.
Simplement, nous ne pouvons pas être content, épanoui, si nous continuons de faire fi des élans qui nous habitent, si nous résistons aussi au possible toujours disponible.

Enfin, reconnaître, ressentir une contrariété, reconnaître, ressentir un besoin inassouvi, observer le possible, l’accessible, c’est favoriser la conscience d’une distance entre ces choses existentielles dans « ma » conscience » et cela qui en est conscient, qui les conscientise, ce que « je suis ».
Notre ultime besoin pourrait être de re-connaître celui que nous sommes au-delà des problèmes et des accomplissements.

La résistance et la gravité sont des obstacles à l’épanouissement personnel. S’il est approprié de conclure ici avec un vœu « ordinaire », je formule celui de mettre beaucoup de légèreté et même d’humour dans l’attention accordée à nos divers besoins.

A partir de ces quelques réflexions, délivrées selon l’inspiration du moment, sentez-vous libre de questionner, d’exprimer vos éventuelles incompréhensions, de communiquer avec moi :

infos@geoffroyrobert.com

Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec le plus vif intérêt.

Dans le partage,

Robert Geoffroy

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