| Un
point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).
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Suivant l’inspiration de
l’instant où j’écris, je choisis ce mois-ci d’apporter ici quelques
éléments de réponse à des interrogations qui me sont régulièrement présentées.
Les questions ne sont pas toujours posées de façon claire, mais nous
pouvons les résumer comme suit :
«
Pourquoi est-ce que je vis toujours ce même problème ? Pourquoi mes
relations sont-elles toujours compliquées (ou insatisfaisantes) ? Après
tant d’années de thérapie, pourquoi suis-je toujours aussi mal dans
ma peau ? Pourquoi est-ce que je ne parviens toujours pas à obtenir
ce qui me tient à cœur ? »
Précisons
que beaucoup endurent des conditions de vie difficiles sans jamais se
poser de questions. Mais ces personnes-là ont peu de chance de lire
ces lignes !… C’est dire que votre propre intérêt à vous y arrêter témoigne
de votre disposition à vous ouvrir au mieux-être. Bravo ! Et si beaucoup
jamais ne demandent d’aide, d’autres le font quand ils sont dans l’urgence
(en proie à une terrible angoisse, au bord de la faillite, du suicide).
Quelque chose est là à faire, bien sûr, mais la circonstance n’est pas
propice à la conscientisation, aux prises de conscience transformatrices.
Qu’il s’agisse de conflits relationnels ou de préoccupations
diverses, appelons « problème » la situation qui
vous éprouve encore et encore et voyons quelques obstacles qui
peuvent empêcher sa solution. A vous de vérifier lequel
pourrait vous concerner. Et nous pouvons être confronté
à plusieurs de ces obstacles !
Certaines personnes demeurent trop longtemps convaincues que leur problème
est sans solution, que la solution, possible pour d’autres, n’est
pas pour elles ou encore qu’elle finira bien par arriver sans
implication de leur part.
Mais la personne qui se questionne est nécessairement moins concernée
par ces premiers obstacles-là.
Votre problème est source de « souffrance », c’est
entendu ! Une chose qui ne fait pas « mal » n’est
pas un problème (au sens ici assigné et précisé
ci-dessus).
Mais que pensez-vous à propos de ce problème ? Considérez-vous
que sa cause est indépendante de vous ? Selon mon point de vue,
cela serait un obstacle majeur, le vôtre…
Croire que la cause à notre problème est à l’extérieur
de nous nous laisse croire en outre, si nous pouvons faire disparaître
le problème, que tout ira bien ensuite. La personne qui quitte
brutalement son emploi, pour fuir les difficultés auxquelles
il la confronte, en retrouve un autre où elle revit bientôt
les mêmes difficultés…
Quelle qu’elle soit, cette chose « problème »
qui vous affecte demeure une re-présentation d’une vieille
histoire que vous avez « oubliée », d’une blessure
non guérie, et cette re-présentation vient seulement re-stimuler
de la douleur que la vieille histoire inachevée à laissée
enfouie en vous.
Pouvez-vous reconnaître que ce que vous fait éprouver le
problème vous est assez familier ? Percevez-vous que vous avez
déjà enduré cela, voire souvent, avant et bien
avant que ce nouveau problème ce présente à vous
? Ce ressenti est la re-stimulation, cela qui est re-stimulé,
qui se rappelle à vous. C’est en quelque sorte de la douleur
qui a besoin d’être reconnue, pleinement ressentie…
Un autre obstacle est la résistance à cette douleur, le
refus du problème. Il suffit de reconnaître, d’accepter
cette résistance pour faire une différence heureuse, pour
approcher la solution.
Nous manquons de l’acceptation/accueil et nous franchissons un
nouvel obstacle, ou bien quand nous pouvons accepter le problème,
ou bien en acceptant véritablement notre résistance au
problème. Là où il y a véritable acceptation
– et peu importe de quoi – il y a aussi transformation…
« Je sais bien que mon problème tente de me dire quelque
chose, qu’il est l’effet de quelque chose qui m’appartient,
mais je ne perçois pas mon erreur, ma faute ! »
Croire a priori que vous êtes en faute est peut-être le
pire de tous les obstacles : vous confondez « cause » et
« faute ». La cause est en soi, dis-je, et cette cause peut
être, par exemple, le fait de se croire coupable, à tort
!…
Non seulement cette croyance est une douleur inutile, mais elle ne vous
invite pas à regarder en vous (un double obstacle)…
« Mais je réussis bien des fois à voir les choses
de façon positive, de me sentir beaucoup mieux un certain temps
et, ça ne manque pas, le problème revient bientôt
à la charge. »
Oui, nous avons développé la capacité à
nous faire croire autre chose que ce qui est, à trouver des soulagements
compensateurs, des « trucs », mais ce qui n’est pas
fait, pas achevé devra l’être un jour ou l’autre,
et voilà encore un obstacle -- l’usage de « béquilles
» : positiver de façon inappropriée, fuir dans la
prière, consommer drogues, alcool...
« Je connais bien mes problèmes, leur origine, ce que j’ai
enduré enfant, et pourtant, je ne parviens pas à me défaire
d’une insatisfaction persistante. »
Voilà encore un obstacle, possible, un autre piège ! Croire
savoir est souvent ne pas savoir qu’on ne sait pas. Nous savons
beaucoup de choses nous concernant, bien entendu, mais nous nous gardons
bien, longtemps, de regarder là où « ça fait
mal ». Et c’est compréhensible !
Savoir est une chose, ressentir en est une autre. Pour ce faire, nous
pouvons avoir atteint un point où nous avons besoin d’aide,
et ne pas le reconnaître ou ne pas se le permettre pourrait représenter
un dernier obstacle.
Pour un instant, pouvez-vous considérer votre problème,
l’avoir à l’esprit, juste le contempler ? Pouvez-vous
faire cela ? L’intérêt serait pour vous de percevoir
comme une distance entre le problème et vous-même, réaliser
que vous n’êtes pas le problème, découvrir
donc que vous vous étiez inconsciemment identifié au problème.
Vous êtes ce que vous croyez être, ce que vous croyez est
vrai pour vous, et si vous êtes le problème, comment allez-vous
le résoudre ? Quel obstacle, n’est-ce pas ?
Quand quelque chose ne va pas dans notre vie, quoi que ce soit, il est
utile de le reconnaître. « Oh, mon problème me perturbe
bien trop pour que je ne puisse pas le reconnaître ! »
Il nous faut faire la différence entre « reconnaître
son problème » et « en souffrir ».
Reconnaître son problème permet la distance évoquée
précédemment et en souffrir maintient l’identification
inconsidérée.
Face à ce qui ne va pas, avec humilité, reconnaissons
que nous demeurons effet de quelque chose qui nous dépasse encore,
quelque chose que nous n’avons pas encore perçu, compris
; c’est une histoire inachevée. Cette reconnaissance nous
redonne du pouvoir, de la puissance, nous place sur les rails de la
transformation. Nous redevenons cause, acteur.
Nous allons ainsi découvrir ce qui encombre notre conscience
: de la culpabilité, de la honte, une croyance auto-accusatrice,
une peur, une douleur profonde, un comportement réactif, un besoin
que nous frustrons…
Ce qui encombre est à enlever, en fait à défaire,
à dé-créer, et nous avons souvent besoin d’un
coup de mains ! Mais nous pouvons comprendre qu’il nous faut d’abord
reconnaître, donc connaître ce qui est à dé-créer.
Et notre conscience désencombrée, nous pouvons choisir
de la « meubler » à notre convenance, de créer
ce qui est juste pour nous. Cela nous est d’autant plus accessible
que nous n’y découvrons pas seulement des peurs et des
croyances pernicieuses, mais aussi d’heureuses dispositions et
aptitudes. Elles sont déjà là, dans notre conscience
– tout y est – et elles « attendent » seulement
notre reconnaissance et notre disponibilité.
A partir de ces quelques réflexions,
délivrées selon l’inspiration du moment, sentez-vous
libre de questionner, d’exprimer vos éventuelles incompréhensions,
de communiquer avec moi :
infos@geoffroyrobert.com
Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec le
plus vif intérêt.
Dans le partage,
Robert Geoffroy
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