| Un
point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).
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Nous vivons tous des choses qui nous déplaisent, qui nous dérangent,
qui ne nous conviennent pas. Nous pouvons aussi déplorer de ne
pas en vivre certaines autres. Nous aimerions réaliser ceci,
obtenir cela, et nous n’y parvenons toujours pas. Bref, ça
ne va pas comme on voudrait et l’on y réagit de diverses
manières (on s’indigne, se désespère, se
lamente…). En même temps, nous émettons à
cet égard des jugements que nous tenons pour vrais, bien entendu.
Peut-être est-ce justement la prise en compte de certains de ces
jugements qui m’a régulièrement plongé dans
une sorte d’étonnement (relatif) que je choisis d’évoquer
davantage dans cette nouvelle chronique.
Ce qui m’étonne ou finit par m’étonner du
fait de nos positionnements tenaces inconscients, ce sont justement
nos diverses réactions et nos considérations avouées
en rapport avec nos conditions de vie indésirables et toutes
nos contrariétés endurées au quotidien (le cas
échéant). Pourquoi ? Parce que ce que nous vivons est
tout bonnement logique, parce que nous ne pouvons pas vivre autre chose,
parce que le hasard, la malchance et l’injustice ne sont en rien
concernés. Même les autres dans notre entourage ne sont
pas véritablement impliqués. Cela en a pourtant tout l’air,
surtout quand ça nous arrange bien de le voir ainsi, mais il
n’en est rien, jamais.
Aujourd’hui même, une personne me confie qu’elle ne
sait pas comment s’y prendre pour s’attirer une maison dans
le Sud de la France, alors que tel reste l’un de ses souhaits
les plus chers. Elle en parle manifestement en s’en plaignant.
En l’écoutant, on entend bien qu’elle incrimine la
chance qui lui fait (ferait) défaut ou, pire, l’injustice
qui lui est réservée. Pour ce faire, pour réagir
de la sorte, elle a déjà oublié qu’elle venait
de me demander de l’aider en vue de « travailler »
une de ses croyances récemment identifiée : « Ce
qui me fait vraiment envie n’est pas pour moi ». Percevez-vous
l’aspect logique de la situation où l’on ne s’attire
évidemment pas ce qu’on souhaite en croyant simultanément
qu’on n’aura jamais ce qui compte pour soi.
Et vous pourriez déclarer cependant : « Je peux bien déplorer
de ne pas vivre ce à quoi j’aspire, du fait même
connu de mes croyances limitatives. Il n’y a rien d’étonnant
là-dedans ! ».
Dès lors que vous croyez ce que vous croyez, il est normal de
vivre ce que vous vivez en conformité avec vos croyances. Il
ne sert à rien de vous en plaindre ou d’y réagir
de quelque façon que ce soit. En fait, la réaction maintient
la situation en l’état ou même l’empire. Si
vous tenez à déplorer quelque chose, déplorez plutôt
vos croyances que ce qu’elles vous amènent à vivre
en toute logique.
« Déplorez ceci », « Ne déplorez pas
cela », « Il ne sert à rien de réagir, de
résister »… Comprenez que c’est juste une façon
de dire les choses car il s’agit de voir, d’observer ce
qu’on croit, la tendance à penser compulsivement, les attitudes
qu’on adopte, par exemple, et non pas de chercher à se
corriger a priori. Et les quelques « injonctions » qui émaillent
ce texte (et les autres) ne sont que des invitations déguisées
à observer.
Personnellement, j’aurais pu très tôt dans ma vie
déplorer – en fait reconnaître – ma croyance
qu’autrui ne pouvait qu’avoir honte d’être avec
moi en relation intime. J’ai longtemps « préféré
» regretter une solitude affective prolongée. Ici, voyez-vous
l’absurdité de ma réaction (le regret) et la logique
de mon vécu ? Vous-même, êtes-vous convaincu d’inspirer
de la honte et voulez-vous en même temps vous sentir aimé
? Il va falloir choisir ! En fait, nous gagnons surtout et toujours
à voir tranquillement nos positionnements contradictoires.
Certes, tous nos fonctionnements et toutes nos considérations
découlent de leur propre logique, mais il est possible de dépasser
le fonctionnement humain ordinaire pour bénéficier de
l’observation qui dévoile une sorte de folie. Si vous êtes
en conflit avec qui est censé vous aimer et/ou que vous êtes
censé aimer, que diverses circonstances vous empêchent
cependant d’exprimer ce conflit autant que de besoin, il vous
faut pour vous décharger, vous défouler – c’est
« logique » - trouver un bouc émissaire. Que se passe-t-il
alors à partir de vos critiques et reproches envers ce dernier
? Quand vous choisissez l’observation, c’est encore la logique
que vous découvrez. Les réactions contre un bouc émissaire
ne mènent nulle part ou empoisonne à vrai dire l’existence.
Je ne vais pas multiplier les exemples qui montrent l’aberration
avec laquelle nous considérons nos divers malaises (nous pourrions
y revenir au besoin). Il suffit de se rappeler, chaque fois qu’un
malaise se fait éprouver, qu’une contrariété
se présente, la possibilité qui est nôtre d’envisager
l’idée que la situation en cause est normale, logique,
attendue. La difficulté d’en voir l’évidence
ne devrait pas être le prétexte pour la remettre en cause
ou pour ne pas la considérer. Comme à l’accoutumée,
je fais là le partage de ce que je m’applique à
moi-même et qui s’avère tout à fait efficace.
Dans le même temps où je rédige ces lignes, je tente
en vain jusque-là de m’organiser des rendez-vous dans Paris
sur une même journée. Voilà le genre de situations
qui, avec le sentiment d’être bloqué, arrêté,
empêché…, a eu longtemps le pouvoir de m’irriter,
voire de m’exaspérer. D’ailleurs, je peux encore
soupçonner un léger agacement. Ce qui se passe, c’est
que les choses ne se présentent pas comme je le veux… Et
je retrouve le calme en me rappelant que la circonstance est tout à
fait normale, qu’il y a déjà tout en moi pour l’attirer
et la vivre comme je la vis, pour l’interpréter comme je
l’interprète et m’en trouver aussi mal « que
je le veux ».
Je veux là insister sur le fait que je n’ai pas besoin
a priori de voir, de savoir la manière dont je me débrouille
pour être encore confronté à ce genre de situations
pour en admettre l’idée et en tirer d’emblée
un bénéfice (un apaisement émotionnel). De plus,
l’ouverture à cette idée même permettra la
compréhension, tôt ou tard. Je ne risquerais pas de comprendre
si j’y résistais…
C’est « logique » que je ne parvienne pas tout de
suite à fixer mes rendez-vous. Et il est bien plus important
de savoir cela que de pouvoir l’expliquer. Je ne suis pas loin
de le voir dans l’instant, mais c’est vraiment secondaire.
Et la circonstance « rendez-vous non pris » me fait retrouver
le ressenti « bloqué, empêché, arrêté
»… Combien de fois n’ai-je pas éprouvé
cela, mais toujours dans la réaction ! Alors, c’est également
logique que je me sente bloqué… Et juste avant de me dire
cela, non seulement je me sentais bloqué, mais j’enrageais.
Je peux encore éprouvé le blocage, mais la rage n’est
plus.
Le fait d’avoir sans cesse à faire face à des circonstances
problématiques similaires répétitives devrait nous
mettre la puce à l’oreille. Puisque cela m’arrive,
puisque c’est à moi que cela arrive, je dois bien y être
pour quelque chose, non pas ici en termes de faute mais de cause. Si
je n’ai jamais véritablement et pleinement reconnu l’insatisfaction
en moi, je comprends bien que je vais continuer de m’attirer des
choses insatisfaisantes, ce jusqu’à ce que je me libère
du ressenti « insatisfaction » que je garde au chaud. Au
lieu de cela, ordinairement, on s’emporte contre les circonstances
extérieures, lesquelles sont souvent des personnes.
Vous pourriez bien me prouver que telle personne a objectivement failli
(je peux d’ailleurs le savoir moi-même) : il ne sera pas
moins vrai que c’est toujours et encore quelque chose en moi,
chez moi qui explique que j’ai à me frotter à cet
individu (quand c’est le cas). De 3 ans mon aîné,
un gamin m’a donné le coup de poing qui m’a rendu
aveugle. Il l’a bel et bien fait, mais rien de ce qu’on
pourrait dire à son sujet n’entamerait la réalité
qui ne concerne que moi : c’est moi et moi seulement qui, à
l’époque, résistait violemment à voir certaines
choses, si violemment que j’allais en perdre la vue et peu importe
alors par quel biais.
Adhérer à l’idée que ce qu’on est en
train de vivre et d’éprouver est tout à fait logique,
voire inévitable, offre un grand avantage, un avantage merveilleux.
Dès lors que l’on se rappelle cette idée, on accepte
pleinement la situation en cause, on peut en venir plus certainement
à l’accepter de la sorte. On accepte, on accueille le moment
présent. C’est dire qu’on a alors cessé d’y
réagir, de résister, de se battre, de souffrir. C’est
tout ce qu’il faut pour mettre fin aux vieilles histoires, pour
vivre les transformations heureuses attendues. Reste à savoir
si c’est ce à quoi nous aspirons.
Ce dernier paragraphe indique au besoin que l’aspect logique et
inévitable des conditions de vie indésirables n’engage
aucunement l’avenir a priori. Si je change mon regard sur le monde,
le monde change. Quand j’ai vu enfin ce que je résistais
à voir, je n’ai plus à le voir, ni donc à
m’attirer ce qu’il a fallu pour le voir. Quand j’accepte
pleinement, authentiquement ma difficulté à
accepter une circonstance difficile, je suis dans l’acceptation
et quelque chose se transforme infailliblement.
Il est utile d’accepter ce qui est, puisque c’est quoi qu’il
en soit, et il devient plus facile de l’accepter en considérant
que ce qui est – qui souvent fait réagir – est en
réalité normal, logique, attendu, inévitable…
En sachant que l’effet de la véritable acceptation est
toujours heureux, qu’est-ce qui pourrait s’opposer encore
à la décision de s’y abandonner ? Le déni,
l’inconscience ou le masochisme !… En fait, il reste le
goût inconsidéré pour la réaction et le refus
associé des solutions, de la paix, de l’amour.
Il y a en nous un peu de tout ça et, bien mieux, il y a surtout
la possibilité de l’envisager, de le reconnaître,
de l’accepter, donc de s’en délivrer. Alors, pouvez-vous
recevoir ce qui est donné dans ces lignes et l’appliquer
à la première préoccupation qui vous vient à
l’esprit ? Voulez-vous nous faire partager votre expérience
? Cela pourrait être un enrichissement pour tous !
A
partir de ces quelques réflexions, délivrées selon
l’inspiration du moment, sentez-vous libre de questionner, d’exprimer
vos éventuelles incompréhensions, de communiquer avec
moi :
infos@geoffroyrobert.com
Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec
le plus vif intérêt.
Dans le partage,
Robert Geoffroy
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