| Un
point de vue ajusté admet le regard qui transforme
(Robert Geoffroy).
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Il est courant de rencontrer des personnes qui déclarent ou pourraient
prétendre que tout va bien pour elles, qu’elles n’auraient
donc rien à transformer dans leur existence, dans leur façon
d’être, de se positionner, d’agir… Pourtant,
il suffit de les connaître et les écouter un peu pour observer,
régulièrement, qu’elles s’insurgent contre
ceci ou cela, qu’elles réagissent à telle personne
ou telle situation, qu’elles délivrent à leur insu,
ce faisant, des messages qui « disent » la douleur qu’elles
fuient encore
A un degré ou à un autre, nous sommes ces personnes-là
et c’est pourquoi il peut être intéressant de s’y
arrêter, d’y regarder de plus près. C’est la
pleine conscience de ce qui demeure caché qui transforme, y laisser
ou y jeter un voile pudique, disons-le, produit une décadence.
Nous pouvons découvrir que ce dont nous ne nous occupons pas
finit par « s’occuper » de nous. Ne vous souciez pas
de votre compte en banque dans le rouge et vous comprendrez bientôt
ce que je veux dire. Il en va de même pour nos blessures passées,
nos manques refoulés, nos vieilles culpabilités…
Avez-vous déjà considéré que s’adonner
compulsivement à toute activité (travail, sport, informatique…,
mais aussi bavardages, apéritifs, sexe…) pouvait s’expliquer
autrement que par le seul plaisir que vous dites y trouver ? Et s’il
s’agissait d’une compensation ? Ne serait-ce pas alors intéressant
de savoir ce que vous cherchez à compenser encore et encore ?
Compenser est plus coûteux que de reconnaître un manque.
Au bout du compte, c’est surtout délétère
!
Les choix compensateurs sont seulement un exemple de non-dits qui se
disent ; les ennuis ou contrariétés en tous genres en
sont un autre. L’impasse est le déni de tout lien entre
ce qui se joue au présent et une blessure passée.
Ne pas savoir qu’on ne sait pas est notre « drame ».
Dans cette ignorance, croire que nous savons est pire encore car la
compréhension (et donc la solution) est alors rendue impossible.
En vous rendant quelque part, imaginez que vous faites fausse route
sans le savoir ou en étant sûr d’être sur le
bon chemin. N’est-ce pas quand vous allez vous rendre compte que
vous êtes perdu, que vous vous êtes trompé, que vous
allez pouvoir enfin agir de façon favorable pour vous ? Vous
allez consulter une carte ou demander de l’aide. Résister
à reconnaître ses erreurs est l’assurance de les
répéter inlassablement, et de cultiver la souffrance.
Savoir qu’on ne sait pas, signe d’intelligence, est la porte
grande ouverte sur la connaissance !
Afin de poursuivre utilement notre réflexion, prenez conscience
qu’il s’agit seulement de « retrouver son chemin »,
d’y trouver la paix et l’amour, de les reconnaître,
de les ressentir.
Prenez conscience que la proposition dépasse tout sens de «
tort ou raison », de culpabilité ou d’injustice,
de jugement et de condamnation…
Nous défendons des opinions, nous tenons parfois des propos cassants,
voire recherchons franchement l’opposition, sans nous laisser
interpeller par le constat possible que d’autres moments nous
voient différents, parfois dans le simple accueil de l’autre
et de ce qui est. Avec un peu d’attention, nous pourrions percevoir,
bien des fois, que la matière manque pour imputer aux autres
la responsabilité de nos changements d’humeur.
Dès lors, nous pourrions comprendre que c’est bien quelque
chose en nous, chez nous, qui nous pousse à réagir comme
nous le faisons ou bien à ne pas « réagir »
comme nous gagnerions à le faire.
Nous croyons, craignons que ceci adviendra si nous nous exprimons selon
notre besoin, et cela (croyance / peur), nous pouvons l’ignorer.
Nous culpabilisons ou culpabiliserions de nous occuper de nous-même,
et cela, nous pouvons l’ignorer.
En nous justifiant ou prompt à embarquer autrui dans nos positionnements
réactifs, nous nous en prenons à des tiers (parfois plus
« faibles »), et cela, nous pouvons l’ignorer.
Ainsi, constituant des obstacles à l’épanouissement,
il y a tout ce que nous ignorons, il y a que nous fonctionnons
tels des automates, des machines programmés. Nous sommes devenus
des robots, nous avons oublié qui nous sommes et nous nous privons
ce faisant de nos aptitudes naturelles.
Le système est tellement répandu, si bien rodé,
qu’il est délicat à quiconque de se réveiller,
de s’élever, de dire stop :
« J’en ai assez des commentaires stériles, des palabres
inutiles, du « politiquement correct » ou des réactions
convenues. J’en ai assez d’être provoqué sans
cesse ou embarqué dans des choix que je ne partagent pas. J’en
ai assez de voir les gens tricher, se mentir les uns aux autres, abuser
les uns des autres. J’en ai assez de la place accordée
à ceux qui s’arrogent le droit d’autoriser comme
d’interdire en dehors de leur propre espace. J’en ai assez
de voir ces gens, auto-privés de leur propre puissance, tenter
d’exercer un pouvoir sur des plus faibles, notamment des enfants.
»
Comme tout autre chose, ce « ras-le-bol » qui risque de
nous atteindre quand nous regardons les réalités peut
être interprété comme une invitation à observer
encore ses propres bavardages mentaux, ses retenues persistantes, son
propre déni.
Nous existons pour vivre des expériences, choisies de façon
délibérée, et non pas pour se limiter à
ce qui se présente. Ce qui se présente, que nous déplorons,
est seulement l’effet des expériences auxquelles nous pourrions
aspirer, dont nous nous privons, et des histoires que nous ne parvenons
pas à terminer.
Mais il n’y a pas de problème sans solution. C’est
la « bonne nouvelle » ! Et le seul vrai problème,
tenace, est le déni ou l’ignorance de ce qui est. Toute
réalité a une fin ; reconnue, celle-ci est éphémère…
Une chose d’importance à considérer est que nous
sommes conditionné, programmé bien au-delà de ce
que nous pouvons imaginer de prime abord. Dès le début
de notre existence, nous n’avons pas seulement pris une langue,
des modes d’expression, manifesté des goûts et préférences,
mais nous avons pris aussi des habitudes, des croyances. Nous avons
adopté des points de vue, tantôt par imitation de nos modèles,
de notre entourage, tantôt par opposition (réaction) à
ceux-ci.
Et nous revendiquons tout cela comme étant nous-même alors
que ça n’est qu’un habillage, un programme. Qui a
pris tout cela ? Qui s’y est identifié ? Qui peut encore
observer ces phénomènes ? Celui qui peine parfois lamentablement,
qui « se plante », qui souffre, c’est le programme.
Celui qui le voit est ce que nous sommes, fondamentalement.
Le programme, le conditionnement, l’emballage peut avoir l’air
magnifique, mais pouvons-nous en conscience le revendiquer encore comme
étant ce que nous sommes et continuer d’ignorer notre véritable
nature dont la splendeur ou la magnificence est inégalable et
indicible.
De par notre nature même, tout nous est accessible. Une erreur
commune : nous croyons que ce qui nous arrive est, tantôt grâce
aux autres (quand nous le jugeons bon), tantôt à cause
d’eux, de leur faute (quand nous le jugeons mauvais).
La conscience de notre véritable nature, parce qu’elle
est la conscience aussi de la véritable nature de quiconque,
éveille notre intérêt pour favoriser le contentement
de tous. Notre contentement ne peut être réel ou durable
face au mécontentement de nos proches.
Priver autrui révèle toujours une auto-privation. Et c’est
pourquoi, loin de représenter une forme d’égoïsme,
l’attention accordée à son propre univers devient
la prise en compte respectueuse et empathique de l’univers des
autres.
Plus nous comprendrons cela et plus nous partagerons d’affinité
avec notre entourage et la communication vivante en est la pierre angulaire.
Alors :
A partir de ces quelques réflexions,
délivrées selon l’inspiration du moment, sentez-vous
libre de questionner, d’exprimer vos éventuelles incompréhensions,
de communiquer avec moi :
infos@geoffroyrobert.com
Et pour développer d’autres sujets, j’examinerai toute demande avec le
plus vif intérêt.
Dans le partage,
Robert Geoffroy
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